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Un cosmonaute tente le plus long drive du monde

jeudi 23 novembre 2006.

MONTREAL (AFP) - Le cosmonaute russe et golfeur amateur Mikhaïl Tiourine se préparait mercredi à tenter le plus long drive de l’Histoire, en projetant une balle de golf customisée depuis la Station spatiale internationale (SSI), en orbite à quelque 350 km au-dessus de la Terre. Cette opération représente "une bonne association du sport, de la science et de l’art", a déclaré M. Tiourine lors d’un entretien accordé à la chaîne de télévision spécialisée Golf Channel samedi.

L’agence spatiale américaine (Nasa) a expliqué pour sa part que cette partie de golf inédite constituerait la première activité au programme de la sortie spatiale de six heures prévue pour débuter vers 23H00 GMT mercredi.

La balle devra être posée sur un tee spécial, pendant que Tiourine s’arrimera à un dispositif l’empêchant de s’envoler, la gravité étant négligeable à cette altitude. Elle devra être frappée d’un seul bras par le Russe à l’aide d’un fer 6.

La Nasa, qui a donné son accord à cette opération publicitaire de la société canadienne Element 21, fabriquant de balles de golf, s’attend à ce que la balle parte en arrière et en hauteur, à la vitesse d’un mètre par seconde, et à ce qu’elle reste trois jours en orbite.

Element 21 estime plutôt que la balle restera en orbite entre trois ans et trois ans et demi, avant de se désintégrer en rentrant dans l’atmosphère. Un émetteur installé dessus devrait permettre de surveiller son parcours.

La balle, plaquée or pour éviter tout risque d’étincelle et faite d’un alliage prisé de l’industrie spatiale russe, le scandium, ne pèse que 3 g, soit environ 16 fois moins qu’une balle de golf normale.

"Avec ce poids, il est improbable qu’elle puisse infliger des dégâts à la station si les choses se passaient mal", souligne la Nasa.

C’est la deuxième fois que le golf rejoint l’Histoire de la conquête spatiale.

En 1971, l’astronaute américain Alan Shepard, passionné de golf, s’était livré à sa passion lors d’une mission d’Apollo 14 sur la Lune. Comme Tiourine, il avait dû frapper la balle d’un seul bras, vu l’encombrement de sa combinaison spatiale. Sur le moment, il avait assuré que sa balle était partie à "des miles et des miles", avant de réviser son estimation à une distance de seulement 200 à 400 m.

A l’annonce de cette opération au printemps, Jean-Michel Contant, secrétaire général de l’International Academy of Astronautics (IAA), avait estimé que ce serait "pédagogique pour les jeunes, les étudiants, et amusant pour le grand public. Mais les finalités scientifiques là-dedans, il n’y en a pas", avait-il souligné.

La Nasa donne à Tiourine jusqu’à trois essais pour réussir à frapper la balle, sans quoi il devra quoi qu’il arrive poursuivre son programme de travaux avec l’Américain Michael Lopez-Alegria.

Les deux hommes, qui avaient quitté le cosmodrome de Baïkonour (Kazakhstan) le 18 septembre, doivent notamment installer un engin d’analyse de neutrons particulièrement prometteur pour l’analyse d’éruptions solaires, et déplacer une antenne qui risque d’empêcher un vaisseau cargo européen de s’arrimer l’an prochain.