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Deux mois après sa mort, James Brown n’est toujours pas enterré

vendredi 30 mars 2007.

« I feel good... » Le célèbre refrain de James Brown n’est plus tellement d’actualité. Un mois et demi après sa mort, ses héritiers n’arrivent pas à s’accorder sur sa succession, ni surtout sur le lieu de son inhumation. Ses six enfants adultes veulent construire un mausolée dans sa propriété de Beech Island en Caroline du Nord, dans le but d’en faire un lieu de pèlerinage pour ses fans, sur le modèle du Graceland d’Elvis Presley à Memphis. Problème : le testament du chanteur ne leur attribue que ses biens mobiliers. Sa maison et ses droits musicaux ont été cédés de son vivant à des administrateurs (dont l’avocat de Brown depuis 24 ans, Buddy Dallas), qui se sont engagés à les gérer. Or ces derniers sont contre le projet de musée-mémorial, affirmant qu’il irait à l’encontre des dernières volontés du chanteur. Les enfants réclament donc à la justice le remplacement pour « mauvaise gestion » des administrateurs, arguant qu’ils auraient manipulé la succession.

Pour ne rien arranger, la quatrième et dernière femme du « Godfather of Soul », son ancienne choriste Tomie Rae Hynie, réclame elle aussi sa part du gâteau. Elle ne figure pas dans le testament, pas plus que son fils, James Jr, mais exige la moitié des biens du chanteur et le droit de revenir habiter dans la maison de Beech Island. Sauf que les avocats du chanteur ne la reconnaissent pas comme sa veuve, puisqu’elle était mariée à un autre homme quand elle l’a épousé en 2001. La « veuve » éplorée a tout de même déposé plainte devant le tribunal d’Aiken County en Caroline du Sud : la première audience était prévue le 9 février.

Depuis sa mort le 25 décembre 2006 à l’hôpital d’Atlanta (Géorgie), James Brown attend donc sa dernière demeure. Après la cérémonie d’hommage à l’Apollo Theater de New York le 28 décembre, son corps est resté trois semaines dans sa propriété de Caroline du Nord. Il repose aujourd’hui dans un cercueil scellé, dans un lieu tenu secret et dont la température est contrôlée. « Le corps est bien protégé et bien conservé » d’après l’avocat Buddy Dallas. Selon Joaquin Lopez, thanatopracteur parisien formé au Canada, cette longue attente n’est pas si exceptionnelle en Amérique du Nord : « Contrairement à ce qui se pratique en France, il n’y a pas de délai légal d’inhumation. Au Canada par exemple, on ne peut pas procéder aux enterrements durant tout l’hiver : les cercueils patientent jusqu’au dégel en avril. Ainsi, attendre un mois et demi avant un enterrement ne semble pas choquant là-bas, le temps de réunir la famille, de régler une succession difficile... En France, dans un cas identique, on utiliserait un caveau temporaire, pratique inconnue des Américains. D’autre part, leurs corps peuvent « tenir » plus longtemps que les nôtres, en raison de l’utilisation de produits de conservation spécifiques, considérés ici comme dangereux. » Les héritiers ont encore quelques mois devant eux pour se mettre d’accord. « Papa’s got a brand new bag », certes, mais qui va profiter des trésors qu’il contient.