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Bolivie : Un magnat du fast-food entame une grève de la faim contre Morales

samedi 25 novembre 2006.

LA PAZ (AFP) - Un magnat bolivien du fast-food et du ciment, Samuel Doria Medina, effectue une grève de la faim pour protester contre la décision du président Evo Morales d’imposer la majorité simple pour l’approbation de la future constitution. Ex-candidat à la présidence et dirigeant du parti de centre droit Unité Nationale, le riche homme d’affaires et roi du hamburger local refuse que la nouvelle constitution ne soit pas votée à la majorité des 2/3 comme il avait été prévu par la loi convoquant l’Assemblée Constituante.

Le président socialiste Evo Morales, dont le parti (MAS, Mouvement vers le socialisme) ne possède que la majorité simple à l’Assemblée constituante, a décidé d’imposer celle-ci pour faire adopter la future constitution alors qu’il faudrait, selon la loi, la majorité des 2/3.

Ce député à l’Assemblée constituante et chef d’entreprise fortuné détient la franchise de la chaîne de restaurants Burger King et du ciment Viacha qui fournit 70% du ciment du pays andin.

Agée de 47 ans, M. Medina est arrivé troisième à l’élection présidentielle. Cet ancien social-démocrate a fondé Unité nationale, un parti de centre droit qui détient 9 sièges au parlement.

M. Medina et trois autres députés en sont jeudi à leur huitième jour de grève de la faim à Sucre, une ville du sud-est du pays où se tient l’Assemblée constituante.

Les grévistes sont régulièrement soumis à des examens médicaux approfondis et trois ont déjà abandonné pour des raisons de santé.

Le riche entrepreneur est un homme connu en Bolivie. Il avait été enlevé en novembre 1995, en plein La Paz, par un commando du MRTA (Mouvement révolutionnaire Tupac Amaru, extrême gauche) et fut libéré 45 jours plus tard après une rançon estimée à un million de dollars. Le pactole aurait servi à organiser l’assaut par les guérilleros du MRTA de la résidence de l’ambassadeur du Japon à Lima, le 17 décembre 1996.

Allongé sur un matelas, à côté de la scène du théâtre Grand Maréchal, M. Medina a raconté a la presse que sa grève de la faim lui rappelait sa détention par le MRTA. Mais les grandes différences, dit-il, sont sa liberté de mouvements et surtout celle de parler à sa famille.